Les Invisibles, de Sébastien Lifshitz
Cinépride 2013, 3ème séance
Des hommes et des femmes, nés dans l’entre-deux-guerres. Ils n’ont aucun point commun sinon d’être homosexuels et d’avoir choisi de le vivre au grand jour, à une époque où la société les rejetait. Ils ont aimé, lutté, désiré, fait l’amour.
Aujourd’hui, ils racontent ce que fut cette vie insoumise, partagée entre la volonté de rester des gens comme les autres et l’obligation de s’inventer une liberté pour s’épanouir. Ils n’ont eu peur de rien…
Un titre pour donné la parole à ceux dont on ne parle pas. Ces vieux homos qui n’ont plus la parole dans les médias et qui ont pourtant contribué il y a des années à faire évoluer les mentalités.
Ce document retrace des vécus tout aussi intéressants que touchants. Avec deux versants : d’un coté le militantisme et l’acceptation difficile il y a des années dans une société très ancrée dans le modèle de la famille et la religion (tiens ça nous rappelle quelque chose en 2013), et de l’autre coté le parcours amoureux d’une vie entre découverte, partage, engagement. Chacune des personnes rencontrées retrace avec nostalgie leur parcours et leur vécu, et nous touche avec leur simplicité. Un documentaire à voir et à montrer, pour comprendre que l’amour n’a pas d’âge et pas de sexe.
Petit bonus de la séance : l’intervention de Thérèse Clerc, une des protagonistes du documentaires. Une femme épatante, qui se dit n’être née qu’à ses 40 ans, après avoir vécu 20 ans sous l’emprise de ses parents puis 20 ans en tant qu’épouse et mère. Elle découvre alors tardivement sa sexualité et son militantisme, aussi bien pour l’homosexualité que le féminisme (légalisation de l’IVG), qui sont toujours vivant aujourd’hui à 86 ans.
I Want Your Love de Travis Mathew
Cinépride 2013, 2ème séance
Après plusieurs années passées à profiter de la vie à San Francisco, Jesse, un jeune gay, s’apprête à retourner dans son Midwest natal. Lors de son dernier week-end en ville, ses amis, colocataires et ex-amants organisent une soirée de départ, qui l’entraine dans des sentiments doux-amers. Tiraillé entre ses ambitions artistiques et le besoin de gagner sa vie, il est forcé de concevoir différemment le fait d’être un artiste, un homosexuel et un adulte.
Film interdit au moins de 16 ans avec avertissement.
Film un peu plat, alternant les moments de réflexion du personnage principal et de son entourage et des scènes de sexe ou aucun détail n’est masqué (au contraire). Il n’apporte rien de particulier car on ne sait pas vraiment où est l’intrigue et le film se clos sans réelle conclusion. A noter des scènes de sexe où la performance n’est pas de mise, on est loin du porno et plus près de la réalité ;)
ALATA de Michael Mayer
Nimer, un étudiant palestinien réfugié clandestinement à Tel-Aviv, rêve d’une vie meilleure à l’étranger. Une nuit, il rencontre Roy, un jeune avocat israélien. Ils s’éprennent l’un de l’autre. Au fil de leur relation, Nimer est confronté aux réalités cruelles de la communauté palestinienne – qui rejette son identité – et de la société israélienne – qui ne reconnaît pas sa nationalité. Sur fond de lutte familiale, politique et sociale, Nimer doit choisir entre son désir d’ailleurs et son amour pour Roy.
Une histoire à la fois belle et forte, où l’issue reste incertaine tout au long du film. On est pris par le personnage de Nimer, beau palestinien, à la fois par le rejet de sa famille et de sa nation de qui il est et qui il veut devenir, et par son histoire d’amour impossible qu’il ne peut pas vivre pleinement. Le jeu des personnages est juste, le réalisateur a mené l’histoire sans en faire trop et verser dans le larmoyant. Il sait nous émouvoir tout en interrogeant et nous toucher sur la difficulté des autres à vivre qui ils sont.
Cinépride 2013. 10ème édition du 29 mais au 4 juin 2013
Du 29 mai au 4 juin 2013, le Katorza et le Centre LGBT de Nantes présentent la 10ème édition de Cinépride. Loin d’être un événement culturel dédié aux seuls membres de la communauté lesbienne, gay, bi et trans de la région nantaise, le festival se veut avant tout fédérateur et militant, s’inscrivant dans la lignée de la Journée Internationale de Lutte contre l’Homophobie, le 17 mai, ainsi que de la Marche des Fiertés de Nantes, le 15 juin.
Du documentaire militant (Les Invisibles, César du meilleur documentaire 2013) au film plutôt toride (I Want Your Love) en passant par des histoires fortes (Alata), le festival montre la diversité des Gays, lesbiennes, bi et trans au travers de plus de 20 films.
Bandes annonces :
Alata de Michael Mayer mercredi 29 mai à 20h30
I Want Your Love de Travis Mathews vendredi 31 mai à 22h30
les Invisibles de Sébastien Lifshitz dimanche à 17h45
Un relan d’homophobie qui me débecte
D’un caractère plutôt réservé, je n’ai pas pour habitude de prendre parti, de défendre une idée et d’être affecté par l’actualité. Mais ça c’était jusqu’à ce matin.
On a en effet tous appris ce matin qu’un bar lillois a été l’objet hier soir d’une visite de 4 personnes qui s’en sont pris au gérant et à son personnel sont forme d’insultes homophobes et de violence physique.
A cela s’ajoute la rencontre faite par un de mes meilleurs amis dans sa boulangerie avec une dame qui, gênée par la présence de son chien, l’a tout bonnement traité de "sale pédale". Une insulte sous le coup de l’énervement peut être mais là c’était clairement homophobe!
On en arrive donc à une situation où il est tout à fait normal pour ces gens de s’en prendre aux homosexuels. Comme si les manifestations anti-"mariage pour tous" les légitimaient. Comme si Frigide Barjot et ses compères leur avait ouvert les yeux sur les êtres malsains que nous sommes et qu’il fallait nous rejeter de la société.
Et c’est pour moi la différence de traitement médiatique entre les opposants au projet de loi et les personnes qui y sont favorables qui a crée l’état actuel des choses.
D’un coté des groupes se sont créés spécifiquement pour l’opposition à ce projet de loi (Manif Pour Tous), bénéficiant d’orateurs hors de la classe politique (Frigide Barjot) et donc auxquels les personnes non sensibilisées au sujet ont pu facilement s’identifier et donc adhérer aux idées.
De l’autre coté, se sont prononcées en faveur du projet le gouvernement et les associations LGBT. Dès lors le grand public ne pouvait pas se sentir touché puisque pour lui ces entités n’agissent que dans leur propre intérêt en se portant pour la loi. De plus le traitement médiatique s’est révélé moindre pour porter les arguments pro-"mariage pour tous".
Quand on voit l’autre jour une journaliste pro-mariage se faire huer dans une conférence sur l’islam puis se faire courser dans les gares, du fait de son engagement pour le projet de loi, on se demande ce qu’il se passe dans la tête de certains gens. Dès lors qu’on les autorise à manifester, tout est bon pour le faire?
De plus du fait de la faiblesse actuelle du gouvernement dans l’opinion publique, les partis de droite fusent de multiples arguments pour refuser ce projet de loi, sans s’offusquer en premier lieu des actes homophobes et penser avant tout à la démocratie qui doit avant tout régner dans notre pays. Cela menant les gens qui ne sont pas pour François Hollande à devenir contre ce projet de loi, sans argument supplémentaires.
Donc aujourd’hui on peut se faire agresser dans la rue, insulter ou dénigrer, du fait de son homosexualité. Je sais que les cons ont toujours existé mais il est quand même inquiétant que ces personnes aient le droit de parole sans qu’aucune autorité n’agisse.
On semble être revenus des années en arrière et je commence à comprendre ce qu’ont pu connaître les homosexuels dans le passé ou ce que peuvent connaître les noirs ou arabes dans leur vie de tous les jours.
Un rendez-vous est donc pris déjà samedi après midi dans le centre de Nantes pour refuser cette homophobie : http://www.clgbt-nantes.fr/Homophobie-ca-suffit-C-est-fini
J’espère que cette manifestation sera une réussite et juste un événement ponctuel, que nous n’ayons pas à nous défendre sans cesse de ce que nous sommes, des humains comme les autres.
WOODKID The Great Escape. De beauté et de puissance
Découvert en 2011 avec le titre "Iron", c’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais le premier album de Woodkid.
Attente accentuée par deux autres beaux titres, "Run Boy Run" puis "I Love You" et surtout un concert plus qu’intense en octobre à Nantes.
Et l’attente n’a pas été déçue. Dans un style unique Woodkid transporte entre douceur et puissance. Musique de cordes, de cuivres et de percussions. On s’émeut, on frissonne. C’est beau tout simplement. Que demander de plus?
Pour les amateurs, grosse tournée ce printemps et début d’été dans les festivals français. Puis Zénith de Paris à l’automne. Réservez vite!
"The Place beyong the Pins", fort mais fade
Les nouveaux chéris d’Hollywood, Bradley Cooper et Ryan Gosling, réunis dans un même film c’est alléchant.
Un histoire de relation d’hommes, de policiers et de voyous, d’une génération à l’autre, c’est vendeur.
Mais on restera là. Malgré le magnétisme de Ryan Gosling et le charme de Bradley Cooper, le film ne prend pas.
L’histoire est pourtant forte dans les relations entre les personnages et l’impact les uns sur les autres, mais c’est au final un peu creux. Jeu des acteurs, réalisation et mise en scène manquent de profondeur. A vouloir peut être faire light…
Un sentiment de film fade, décevant donc.









